La Revue Poétique :

Archive pour la catégorie ‘Les Artistes’

Michel Chevalier par Hippocampe Noir.

Dans Les Artistes le août 4, 2010 à 4:30

C’est l’auteur de Stellamaris et le gardien de sonnets et beaux vers, sur over-blog. Et notre premier classique. Nous nous sommes contacté car je souhaitais rejoindre son emblème ; il voulut bien de moi mais, en classique, j’avais que dalle… Alors j’ai écris un truc sur Moïse puis j’ai pu intégrer cette communauté d’amoureux de l’alexandrin jusqu’à la naissance de la revue blindée que vous avez devant les yeux, et je fus heureux de l’intégrer parmi nous.

Au Nouvel Hippocampe il n’y a pas de progrès pour le progrès ni de crachat au visage de Joachim du Bellay. La poésie a évolué vers une libération de la métrique mais, au fond, elle est toujours présente. L’oeil avisé distinguera le vers pur et dur dans les textes de MioModus, de Bernard Lherbier, et, évidemment, chez l‘apollinarien Wacrenier.

Comme Régis Debray  soudain nous apparut, brillant comme il est, dans sur le média renvoyons à lui cette histoire de vers, il dit : “l’archaïque ce n’est pas l’antérieur mais le sous-jacent” , donc le vers classique est sous-jacent à la poésie contemporaine. Syllogisme rudimentaire mais qui me semble vrai. Tout ceci pour dire qu’il n’a rien de vieillot puisqu’il est partout (non parce que j’en entends des pas mal à ce sujet, donc petite mise au point).

Et Michel Chevalier nous réveille tous ces trésors sous-jacents ! En un coup ! En une forme… Rondel, rondeau, ballade, sonnet… et en avant la musique ! Il nous réapprend ce qui étaient géniales inventions. Il y met du “je”, de la nature, dédie ses vers à ses enfants, ré-invoque les dragons et les sylphes perdus ; il a la palette qu’il faut et un pinceau bien tenu, que tenait jadis Rutebeuf ou Racine  : il peint, mêle ses poèmes aux illustrations et nous crée de jolies pièces que l’on voudrait encadrer.

En voici une à mettre sur le plus beau mur du salon :

Disposés comme quatre nuages à l’aube ces trimètres m’ont l’air d’un feu d’artifice, spectacle entier : D’abord le calme du ciel, qu’il exprime par la retenue ; timide, limpide, sans bruit puis l’éclat des feux par l’exclamation et par, bien sûr ; il explose ! La chose est menée d’une main de maitre ! Pensez-vous qu’il soit aisé de manier trois syllabes par trois syllabes pour aboutir à un sonnet qui tient debout, et impérialement ? Supposons que non puis, vite, soyons-en sûrs !

Voici ce dont il est capable dans le respect des, c’est le mot ; règles de l’art. Et de mieux encore !

Le voici donc parmi nous, ce maître. Le Nouvel Hippocampe accueille fièrement Michel Chevalier ! Que je surnomme ici, parce que ça me fait bien rire et que ce n’est pas si nul : le Cavalier !

MioModus par Hippocampe Noir.

Dans Les Artistes le août 3, 2010 à 6:17

“Heureuse surprise de retrouver ici MioModus, sa poésie feutrée et chaleureuse, délestée du poids des mots inutiles et épurée comme un haïku.”

Dixit Bernard Lherbier sur Trois petits points. Je dirais la même chose à la nuance près que moi je l’ai trouvé, tout court. Alors là c’est autre chose qu’une heureuse surprise, c’est un ébranlement massif ! En fait il m’a trouvé ; il a dit que c’était une belle idée, une belle idée… je lui ai dit : faisons de l’idée un objet ! Et puis c’est à peu près tout niveau conversation, il nous a envoyé quelques pièces délicieuses et ainsi participait-il à l’essor d’une nouvelle ère (ce blog s’est entamé en grandes pompes, et il continuera ainsi)!

Il faut dire que nous avons lu le cahier gris, d’abord, et le mot fut le même : pureté ! Le premier poème publié sur la revue fut Ondulant au chant de la rivière et il en est l’exemple. Pour tenter de le décrire répondons à la concision par la concision :

MioModus c’est fluide, léger, voire : aérien.

A l’aide du vocable de la nature et des choses complétement cosmiques il nous enivre de cet insaisissable sentiment ; la poésie. Il est possible que l’on puisse lui reprocher d’être obscur. Comprenons certains en quête de sens, qui cherchent dans la poésie une finalité morale dans toute la largeur du terme. Ceux-là resteront un sourcil levé une heure durant devant chacun de ses poèmes pour en conclure un bilan bien faux. C’est qu’ils n’ont rien compris, MioModus, ne t’en fais pas ; c’est ici que nous allons leur apprendre. Leur parler de ce que possèdent tes textes : la musique, et, comme dit en préambule, la chaleur. Lire MioModus c’est une balade au soleil. Et puis du sens il y en a. Voici, lisez à la rive du ciel :

rive-ciel.1268649682.jpg

Vole
et virevolte
sur l’ange des soirs
au lointain soleil

Découvre
et recouvre
le voile des matins
au tendre la merveille

Baise
et allège
le signe éternel
aux vers des poèmes

Chante
et enchante
l’oiseau sur la branche
aux couleurs du prochain.

Redescendez, c’est fini Alors ? On plane, mec (ou miss)? Un peu qu’on plane !

MioModus me donne souvent l’impression qu’il incruste ses titres au corps du texte, et oui ; pourquoi un titre ne serait pas beau ? Pour quelle(s) raison(s) doit-il radicalement être dissociable de la totalité ? Pour les esthètes ce n’est pas une interrogation de pacotille.

Puis il nous berce d’une rive à l’autre d’un fleuve serein qui coule entre les nuages grâce aux verbes qui entame chaque strophe pour les terminer par de fabuleuses invocations, toujours aériennes, toujours cosmiques. Le mot languissant viendra même à l’esprit des chercheurs de sens. Et alanguir le verbe c’en est un, de sens. Donc dans MioModus il y a tout. C’est un véritable plus, et, au Nouvel Hippocampe on ne nous taxera pas d’uniformité. Entre Wacrenier et lui : on ouvre, on ouvre… Et nous ouvrirons encore !

Le Nouvel Hippocampe est ravi de recevoir MioModus, venu tout droit des nues, que j’ai ici l’audace d’appeler l’Enchanteur.

PrepareForImpact

Bernard Lherbier par Hippocampe Noir.

Dans Les Artistes le juillet 26, 2010 à 5:09

Bernard Lherbier commenta un poème d’Hippocampe Noir. Hippocampe Noir faillit s’étouffer avec son gâteau de riz. Heureusement : il y avait du caramel et tout passa. Plus laudatif, tu meurs : il parla de lui comme de Lautréamont. Il publia ensuite certains de ses poèmes sur Volti Subito et lui donna certainement l’idée du Nouvel Hippocampe. Voilà pour la rencontre. Ensuite le personnage :

Nous en savons beaucoup plus sur eux en lisant les gens plutôt qu’en les écoutant mais la plume qui ment le mieux fait le bon écrivain. Alors qui est-il ? Disons les évidences, pour commencer : Il est actif sur son blog et prolifique. On ne se lasse pas de dire que le blog de Lherbier est touffu. Ses thèmes sont divers, nous savons qu’il dessine le visage du salaud tel que dans un jour de poésie trop sucré, qu’il raconte l’amour brisé, corrompu ou maladif. On sait qu’il peut raconter des histoires qui se retournent comme sa nouvelle concernant la première fois d’un pauvre gay… Voyons Bernard Lherbier dans le texte avec cette ode à la sérénité, avec une image :

fotolia

Il faut parler tout bas ;

C’est que toujours s’effraient

De nos grands cris d’orfraie,

Les bêtes du Silence

Au cœur de porcelaine.

Gonflée d’outrecuidance,

Toute parole est vaine

Qui blesse le Mystère.

Il faut parler tout bas ;

Il faut enfin se taire.

Notez « Les bêtes du Silence au cœur de porcelaine », invocation d’un bestiaire fragile, qu’un mot brise. Ce sont les hexasyllabes du recueillement ; des bibelots d’église ou de bibliothèque. Un poème à murmurer aux excités. Lherbier nous explique que Gonflée d’outrecuidance, toute parole est vaine qui blesse le Mystère. Deux noms propres : le Silence et le Mystère. Ici totalement liés : le mystère se pratique en silence.

Dans ce poème il a su parfaitement agencer le champ lexical de l’excès et du calme, du bruit et du silence en les opposant puis en donnant raison aux derniers.

L’objet est réussi, comme beaucoup de sa facture. Je vous invite à l’explorer à travers ses poèmes en vers et en prose, car, c’est officiel, il participe au Nouvel Hippocampe. Je vous conseille douleur pulvérulente qui est bien musical. Merci à lui d’être si volontairement parmi nous !

Mais après tout : c’est le Généreux !

Christian Wacrenier par Hippocampe Noir.

Dans Les Artistes le juillet 20, 2010 à 4:20

J’avoue que je me sens troublé… Le premier poème de Christian Wavcrenier publié sur cette revue est un texte volé. J’ai pris, c’est tout. Et je suis un pillard mais passons les délits : Je m’excuse, le front noir de terre. Pourquoi ai-je ainsi agis ?  Car je n’en pouvais plus ! Je n’en pouvais plus de lire ces petits trésors charnels qu’il a le don de fabriquer, humblement, dans son coin ; oui : Wacrenier est un petit artisan de la jouissance humaine. Et sa petite œuvre magnifique est calée entre son amour de Montmartre et de l’île d’Oléron (seuls  goûts  que l’on  ne partagera jamais), ainsi nous dévoile-t-il une palettes de catégories au contenu varié où nous pouvons voir comment obtenir ses romans édités ici et tout plein de chats !

Et ses poèmes érotiques…

Qu’en dire ? Je ne sais donc disons d’abord qu’un poème érotique n’est pas fait pour foutre un barreau à en exploser, d’un bouton de braguette éjecté, le double-vitrage d’en face. Disons qu’un poème érotique c’est un frisson et une candeur. Le poème érotique ne dis pas “donne-moi ta queue” comme le fait une actrice porno, bouillonnante et fébrile d’une libido simulée,  car la queue vue et racontée par Wavcrenier, ou Sandro Candor, c’est le membre cosmique ; le bout qu’il reste, pendant ou dardé, de la chair immortelle, c’est “donne-moi ta Queue, le soleil, Orion constellée et le parfum des lilas !” qu’il faut entendre. Voilà pour le poème érotique, l’explication, si complétement trouble soit-elle, ne doit pas trop empiéter sur la présentation de l’auteur.

Disons les choses concernant ses poèmes érotiques. A lui. Je l’ai découvert le jour où m’est venu l’idée de ce blog, je cherchais des partenaires afin d’en faire le projet stable qu’il compte être, je tombe sur Montmartre Secret, précisément sur la suite “les noms de sexe masculin” et cet image :

Les choses furent dites, et quoi encore ? Ceci :


“Le mou

Dieu l’absout

Escargot sans coquille

Il rampe sur les filles

Incapable d’entrer

Dans leur sexe étonné

Il s’y écrase en se frottant

Puis se ratatine en bavant”

Voilà, nous sommes touchés par le sort de ce machin, non ? Ce visqueux escargot qui est l’arme d’un vaincu peut-être donnera quelques nausées aux dames mais les séduira par sa jolie métrique, quant au messieurs c’est de compassion qu’ils pleureront… Wavcrenier s’inspire ici du Jardin Parfumé, un traité  arabe aux saveurs divines de salive et de chair, et il le fait bien. Nous noterons le verbe liminaire, il est important : ” Dieu l’absout”. Ce poème est beau, divinement. Un autre vous plaira :

Celui qui a un cou

Dieu le secoue

Il est court et trapu

Et plutôt bas du cul

Sa tête est très petite

Et sa base est épaisse

Sous des poils touffus il s’abrite

De la racine au creux des fesses

Ici le verbe liminaire nous vient d’un jeu de mots et l’image est jolie. La métrique ici diffère pour toujours être musicale. Un autre beau poème.

La totalité est disponible.

N’étant pas de ce bord mon excitation à leur lecture est insincère  (peut-être l’artiste doit-il encore s’améliorer (; ) mais je vous assure que le frisson fut là lorsque j’ai lu Entre tes seins. Le texte volé. L’inversion finale est bonnement splendide, découvrez-le.

Ces courts poèmes agrémentés de courts commentaires je vous invite derechef à vous enfouir dans le Montmartre Secret de cet homme qui sait si bien parler d’une chatte. Orientaliste et élève d’Apollinaire il ne recule pas devant le bris de la rime pour mieux nous envouter ni devant aucun thème, sa plume contacte tous les mondes, tous les genres parlent dans sa bouche en une centaine de poèmes (et toujours plus, internet est vif) et nous le voulons parmi nous.

Je l’ai contacté, il m’a dit qu’il était prêt à collaborer puis m’a parlé de vacances… et ne m’a rien envoyé. Alors, en tremblant, j’ai pris. Mais il sera parmi nous, de retour de vacances je suppose, et ensemble nous gérerons ses publications – ne portez pas plainte, par pitié : je suis smicard. Je le remercie pour avoir écrit ce qu’il a écrit et je vous invite à vivre sur Le Nouvel Hippocampe les éclats de celui que je surnomme : Le Sensuel !

Hippocampe Noir.

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