Une petit explication concernant le choix du rap et des mangas est nécessaire. L’ayant partagé en privé avec l’excellent Christian Wacrenier je me dois de dire que cela a pour but d’attirer l’œil du tout venant, mais, digne de Virgile, il sera vital pour Le Nouvel Hippocampe d’aborder des hauts sujets.
En voici peut-être un :
Dans l’article introduisant la revue j’ai oublié de dire ses rôles. Du moins pas tous. J’ai uniquement, enflammé, parlé des actes de créer, d’associer et de sauvegarder. Sauvegarder par la phrase “la poésie est vivante”, associer en liant des poètes différents de chez différents sur un blog et créer car nos poèmes ne sont pas copiés. Mais ai-je
parler de transmettre ? Je ne crois pas. Il est évident que nous communiquons, c’est d’ailleurs là où est le vrai blog : Verticalement de par nos poèmes et horizontalement de par nos commentaires, ou articles (s’ils ne sont pas trop écrits et relèvent de l’œuvre d’art, ce n’est pas le cas actuellement). Bien ; reprenons les mots de l’éminent Régis Debray “La transmission se fait dans le temps et la communication se fait dans l’espace”. Transmettre c’est passer. Il y a là une révolution(ette ) qu’ont faite, jadis, nos ancêtres les premiers blogueurs : Ils furent créateurs et passeurs. Pour bien souvent passer toujours aux mêmes… Car qui peut rentrer directement dans une critique de phénoménologie hégélienne, sinon les érudits, l’élite ? un peu quand même… Pourtant c’est sympa Hegel, ou Husserl ; on apprend plein de choses, ou du moins : à la sortie il est évident qu’on en sait plus, difficile de dire quoi. Idem pour certains poèmes de Mallarmé ou pour quelques chimères de Nerval, puisque c’est notre rayon. Plutôt que d’éclairer des torches pourquoi ne pas passer le flambeau ?
C’est ce que nous tentons de faire ici – le piège : notre internaute badaud, pas passionné de Ronsard, enivré par le nom de Booba ou de Sasuke se retrouvera nez à nez avec l’oraison du soir de Rimbaud ou Ondulant au chant de la rivière de MioModus ! Lis et comprends. S’ il en reste un pour découvrir le reste nous aurons gagné.
Voyez-vous ?
De plus le rap, je vous l’avoue, a peu de critiques concernant les textes : une exclusivité naît.
Revenons à notre transmission et incluons l’échange. Nous essayons de transmettre, donc, à des jeunes (rap, manga…) une culture ancienne. Puis Bernard Lherbier m’écrivit ceci (à propos de sa lecture de la revue) : …me voici prosélyte du rap et des… mangas (tout à fait inattendu – question de génération - mot-clef un - sans doute-). Merci pour cette ouverture (mot-clef deux). Ouverture, génération… un dessin peut-être ? Oui : quand mon pote Vizéo-Manuel ou quand le bien nommé cousin William (deux amis de la vingtaine) viendront sur cette revue (v’là le pas à franchir!), qu’ils auront lu du Césaire (v’là la montagne!) avec délectation (v’là l’Everest !) et qu’ils commenteront : me voici prosélyte du surréalisme. Alors là, je le clame : la France respirera. Car, par la transmission de leur culture respective, les deux France, celle de Rohff et celle de Molière, pourront enfin communiquer. Sous condition de hiérarchie : ce qui nous vient du passé surpasse de loin ce qui nous vient du présent, question d’exigences et, pas bourgeois du tout que je suis : de valeurs.
Donc aux rôles et buts du Nouvel Hippocampe rajoutons l’échange, mais dans le temps, vous suivez ? Bien sûr que vous suivez !
Cette chose était plutôt importante à signaler : on ne mélange pas les genres, on les fait se rencontrer.
Voilà pour vous, les amis. Un caractère à ce blog de plus pour le rendre plus vivant.
Hippocampe Noir

