“Heureuse surprise de retrouver ici MioModus, sa poésie feutrée et chaleureuse, délestée du poids des mots inutiles et épurée comme un haïku.”
Dixit Bernard Lherbier sur Trois petits points. Je dirais la même chose à la nuance près que moi je l’ai trouvé, tout court. Alors là c’est autre chose qu’une heureuse surprise, c’est un ébranlement massif ! En fait il m’a trouvé ; il a dit que c’était une belle idée, une belle idée… je lui ai dit : faisons de l’idée un objet ! Et puis c’est à peu près tout niveau conversation, il nous a envoyé quelques pièces délicieuses et ainsi participait-il à l’essor d’une nouvelle ère (ce blog s’est entamé en grandes pompes, et il continuera ainsi)!
Il faut dire que nous avons lu le cahier gris, d’abord, et le mot fut le même : pureté ! Le premier poème publié sur la revue fut Ondulant au chant de la rivière et il en est l’exemple. Pour tenter de le décrire répondons à la concision par la concision :
MioModus c’est fluide, léger, voire : aérien.
A l’aide du vocable de la nature et des choses complétement cosmiques il nous enivre de cet insaisissable sentiment ; la poésie. Il est possible que l’on puisse lui reprocher d’être obscur. Comprenons certains en quête de sens, qui cherchent dans la poésie une finalité morale dans toute la largeur du terme. Ceux-là resteront un sourcil levé une heure durant devant chacun de ses poèmes pour en conclure un bilan bien faux. C’est qu’ils n’ont rien compris, MioModus, ne t’en fais pas ; c’est ici que nous allons leur apprendre. Leur parler de ce que possèdent tes textes : la musique, et, comme dit en préambule, la chaleur. Lire MioModus c’est une balade au soleil. Et puis du sens il y en a. Voici, lisez à la rive du ciel :

Vole
et virevolte
sur l’ange des soirs
au lointain soleil
Découvre
et recouvre
le voile des matins
au tendre la merveille
Baise
et allège
le signe éternel
aux vers des poèmes
Chante
et enchante
l’oiseau sur la branche
aux couleurs du prochain.
…
Redescendez, c’est fini… Alors ? On plane, mec (ou miss)? Un peu qu’on plane !
MioModus me donne souvent l’impression qu’il incruste ses titres au corps du texte, et oui ; pourquoi un titre ne serait pas beau ? Pour quelle(s) raison(s) doit-il radicalement être dissociable de la totalité ? Pour les esthètes ce n’est pas une interrogation de pacotille.
Puis il nous berce d’une rive à l’autre d’un fleuve serein qui coule entre les nuages grâce aux verbes qui entame chaque strophe pour les terminer par de fabuleuses invocations, toujours aériennes, toujours cosmiques. Le mot languissant viendra même à l’esprit des chercheurs de sens. Et alanguir le verbe c’en est un, de sens. Donc dans MioModus il y a tout. C’est un véritable plus, et, au Nouvel Hippocampe on ne nous taxera pas d’uniformité. Entre Wacrenier et lui : on ouvre, on ouvre… Et nous ouvrirons encore !
Le Nouvel Hippocampe est ravi de recevoir MioModus, venu tout droit des nues, que j’ai ici l’audace d’appeler l’Enchanteur.
