L’herbe pardonne tous les crimes,
Et dans sa paume douce et grasse,
Soldat de tant de guerres intimes,
De droit te revient une place.
Collectionneur de questions vaines,
Inguérissable plaie humaine ;
Tête coupée, viens la poser
Dans une niche de rosée.
Désir éteint, passion absente,
Masque arraché, ton dernier rôle,
Dans une couche d’herbes folles,
Escale verte et odorante,
Viens t’allonger et t’endormir,
Entre le naître et le mourir.