J’avoue que je me sens troublé… Le premier poème de Christian Wavcrenier publié sur cette revue est un texte volé. J’ai pris, c’est tout. Et je suis un pillard mais passons les délits : Je m’excuse, le front noir de terre. Pourquoi ai-je ainsi agis ? Car je n’en pouvais plus ! Je n’en pouvais plus de lire ces petits trésors charnels qu’il a le don de fabriquer, humblement, dans son coin ; oui : Wacrenier est un petit artisan de la jouissance humaine. Et sa petite œuvre magnifique est calée entre son amour de Montmartre et de l’île d’Oléron (seuls goûts que l’on ne partagera jamais), ainsi nous dévoile-t-il une palettes de catégories au contenu varié où nous pouvons voir comment obtenir ses romans édités ici et là tout plein de chats !
Qu’en dire ? Je ne sais donc disons d’abord qu’un poème érotique n’est pas fait pour foutre un barreau à en exploser, d’un bouton de braguette éjecté, le double-vitrage d’en face. Disons qu’un poème érotique c’est un frisson et une candeur. Le poème érotique ne dis pas “donne-moi ta queue” comme le fait une actrice porno, bouillonnante et fébrile d’une libido simulée, car la queue vue et racontée par Wavcrenier, ou Sandro Candor, c’est le membre cosmique ; le bout qu’il reste, pendant ou dardé, de la chair immortelle, c’est “donne-moi ta Queue, le soleil, Orion constellée et le parfum des lilas !” qu’il faut entendre. Voilà pour le poème érotique, l’explication, si complétement trouble soit-elle, ne doit pas trop empiéter sur la présentation de l’auteur.
Disons les choses concernant ses poèmes érotiques. A lui. Je l’ai découvert le jour où m’est venu l’idée de ce blog, je cherchais des partenaires afin d’en faire le projet stable qu’il compte être, je tombe sur Montmartre Secret, précisément sur la suite “les noms de sexe masculin” et cet image : 
Les choses furent dites, et quoi encore ? Ceci :
“Le mou
Dieu l’absout
Escargot sans coquille
Il rampe sur les filles
Incapable d’entrer
Dans leur sexe étonné
Il s’y écrase en se frottant
Puis se ratatine en bavant”
Voilà, nous sommes touchés par le sort de ce machin, non ? Ce visqueux escargot qui est l’arme d’un vaincu peut-être donnera quelques nausées aux dames mais les séduira par sa jolie métrique, quant au messieurs c’est de compassion qu’ils pleureront… Wavcrenier s’inspire ici du Jardin Parfumé, un traité arabe aux saveurs divines de salive et de chair, et il le fait bien. Nous noterons le verbe liminaire, il est important : ” Dieu l’absout”. Ce poème est beau, divinement. Un autre vous plaira :
Celui qui a un cou
Dieu le secoue
Il est court et trapu
Et plutôt bas du cul
Sa tête est très petite
Et sa base est épaisse
Sous des poils touffus il s’abrite
De la racine au creux des fesses
Ici le verbe liminaire nous vient d’un jeu de mots et l’image est jolie. La métrique ici diffère pour toujours être musicale. Un autre beau poème.
N’étant pas de ce bord mon excitation à leur lecture est insincère (peut-être l’artiste doit-il encore s’améliorer (; ) mais je vous assure que le frisson fut là lorsque j’ai lu Entre tes seins. Le texte volé. L’inversion finale est bonnement splendide, découvrez-le.
Ces courts poèmes agrémentés de courts commentaires je vous invite derechef à vous enfouir dans le Montmartre Secret de cet homme qui sait si bien parler d’une chatte. Orientaliste et élève d’Apollinaire il ne recule pas devant le bris de la rime pour mieux nous envouter ni devant aucun thème, sa plume contacte tous les mondes, tous les genres parlent dans sa bouche en une centaine de poèmes (et toujours plus, internet est vif) et nous le voulons parmi nous.
Je l’ai contacté, il m’a dit qu’il était prêt à collaborer puis m’a parlé de vacances… et ne m’a rien envoyé. Alors, en tremblant, j’ai pris. Mais il sera parmi nous, de retour de vacances je suppose, et ensemble nous gérerons ses publications – ne portez pas plainte, par pitié : je suis smicard. Je le remercie pour avoir écrit ce qu’il a écrit et je vous invite à vivre sur Le Nouvel Hippocampe les éclats de celui que je surnomme : Le Sensuel !
Hippocampe Noir.